par Brad Dorfman
Le New York Times avait auparavant rapporté que l'opération, d'un montant susceptible de dépasser 10 milliards de dollars (sept milliards d'euros), pourrait être annoncée dès lundi.
La source a dit n'être en mesure de confirmer ni le prix, ni le calendrier du rachat.
A la Bourse de New York, l'action UST gagnait près de 21% en fin de séance tandis qu'Altria progressait de 0,7%.
David Sylvia, porte-parole d'Altria, s'est refusé à tout commentaire et aucun représentant d'UST n'a pu être joint.
Un éventuel rachat d'UST par Altria correspondrait à l'évolution du marché du tabac aux Etats-Unis, marquée par la baisse régulière de la consommation de cigarettes depuis 1981 avec l'extension progressive des interdictions de fumer et la multiplication des campagnes anti-tabac.
Les cigarettiers ont en outre vu leurs marges de manoeuvre en terme de publicité réduites par l'accord global de règlement de 1998.
Ces restrictions ont favorisé la croissance du marché du tabac "sans fumée", à chiquer ou à sucer, dont UST est le numéro un aux Etats-Unis.
La spéculation sur un possible rachat d'UST par Altria s'était intensifiée après la scission en février dernier de la branche internationale de ce dernier, Philip Morris International.
Des sources avaient à l'époque indiqué à Reuters qu'une acquisition d'UST était une question de mois mais que le prix restait un point délicat.
PROBLÈMES DE PRIX
Un rapprochement entre Altria et UST serait intéressant, estime Judy Hong, analyste de Goldman Sachs, dans une note.
"Stratégiquement, une acquisition d'UST pourrait renforcer la position (d'Altria) sur l'ensemble du marché du tabac et l'aider à compenser l'accélération de la baisse des volumes de cigarettes", écrit-elle.
UST détenait près de 58% du marché américain du tabac sans fumée au premier semestre selon les résultats publiés par le groupe. Mais les ventes de ses produits haut de gamme sont sous pression en raison de la dégradation de l'économie et du ralentissement de la consommation.
Altria "débourse un prix élevé pour une entreprise mal positionnée qui a besoin d'être restructurée en profondeur", a jugé un investisseur institutionnel détenant des titres Altria et vendeur à découvert sur UST. Il a requis l'anonymat.
L'exposition d'UST au haut de gamme du marché est d'autant plus importante pour déterminer l'intérêt du rachat et le prix de l'opération que la taxation de ce type de produit est proportionnelle à leur prix de vente.
Certains observateurs estiment toutefois qu'Altria dispose d'une influence suffisante à Washington pour aider UST à plaider en faveur d'une réforme de la fiscalité de ses produits, afin d'obtenir une taxation fixe, comme c'est le cas pour les cigarettes aux Etats-Unis.
"S'il y a une chose qu'Altria sait bien faire, c'est faire évoluer la législation en sa faveur", résume Nik Modi, analyste d'UBS.
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