AIG a annoncé au même moment une perte trimestrielle inédite de 24,5 milliards de dollars au titre du troisième trimestre, en raison une fois encore de dépréciations liées aux marchés des crédits immobiliers subprimes. Au troisième trimestre 2007, le groupe avait affiché un profit de 3,09 milliards de dollars.
Dans le cadre du plan révisé, l'Etat américain acquerra pour 40 milliards de dollars de nouvelles actions préférentielles AIG via le plan de relance de 700 milliards de dollars mis en place par le secrétaire d'Etat au Trésor Henry Paulson (dit Tarp ou Troubled Asset Relief Program).
Cette injection permettra à la Réserve fédérale de ramener à 60 milliards de dollars le montant initial de son prêt consenti à AIG. Il s'élevait à 85 milliards lors de l'annonce à grand bruit du plan de sauvetage de l'assureur à la mi-septembre et avait été plus tard porté à 123 milliards de dollars,.
Dans son communiqué, le Trésor explique l'injection de 40 milliards de dollars en expliquant qu'AIG est une société "d'importance systémique".
"Ces nouvelles mesures établissent une structure de capital plus durable, facilitent l'exécution par AIG de son plan de cession d'actifs de façon ordonnée (...) et protègent les intérêts du gouvernement et des contribuables", commente la Fed dans son communiqué.
Un responsable du Trésor a précisé lors d'une téléconférence qu'il s'agissait d'une action exceptionnelle et qu'elle n'amputait pas le montant de 250 milliards de dollars que le Trésor prévoit d'injecter dans le capital des banques en difficulté.
Un membre de l'équipe de transition formée par le président élu Barack Obama a été mis au courant de ce nouveau plan dans la nuit de dimanche à lundi, a précisé le responsable du Trésor.
L'ACTION AIG EN FORTE HAUSSE
En avant-Bourse, les investisseurs soulagés font gagner plus de 20% à AIG qui se traite à 2,60 dollars. Il y a un an, la valeur se traitait à environ 57 dollars.
Le taux du prêt, dont la durée est portée de deux à cinq ans, est assorti d'un intérêt réduit à trois points de pourcentage au-dessus du taux interbancaire Libor à trois mois au lieu de huit points et demi au-dessus.
Deux structures sont créées qui achèteront à AIG des produits issus de la titrisation des crédits immobiliers ainsi que des titres sous-jacents aux CDS (Credit Default Swaps) de l'assureur. Le marché des CDS, des produits d'assurance de gré à gré, s'est considérablement développé avant la crise financière.
La question des CDS a obligé AIG à accuser des pertes de 18 milliards de dollars sur les trois trimestres précédents. Les appels de garanties ont pratiquement mis le groupe à court de liquidités et l'ont placé au bord de la faillite.
Le premier véhicule mis en place sera doté de 22,5 milliards de dollars de fonds publics. Il servira à racheter à AIG des produits issus de la titrisation de crédits immobiliers résidentiels (RMBS).
Un second véhicule sera doté de 30 milliards de dollars. Il rachètera les CDO (collateralized debt obligations) sous-jacents aux contrats de Credit default swap (CDS) passés par AIG.
La perte trimestrielle annoncée lundi par AIG comprend des dépréciations de 7,05 milliards de dollars sur des CDS, qui vient s'ajouter aux 25 milliards de dollars de pertes sur ces instruments qui servent à se couvrir contre un risque de défaut, au cours des trois trimestres précédents. AIG accuse aussi 18,31 milliards de dollars en pertes sur capital.
Le Trésor a précisé que les principaux dirigeants d'AIG se verraient soumis aux mêmes restrictions de primes et de parachutes dorés que les autres institutions financières sous perfusion de capitaux publics.
Mark Felsenthal, version française Danielle Rouquié
© Reuters 2008. Tous droits résérvés.